Dr. Hauschka

Reine de la nuit

Synonymes: Fleur d’amour, cactus vanille
Nom scientifique: Selenicereus grandiflorus L.
Famille: Cactées

Habitat naturel

Régions arides et semi-arides du Mexique, du sud des États-Unis, Cuba et Jamaïque

Constituants

Méthyltyramine et diméthyltyramine (amines biogènes), phényléthylamine, glycosides de flavonoïdes

Description

Pour les amateurs d’opéra, le nom de cette plante médicinale ne manquera pas d’évoquer « La Flûte Enchantée ». Il s’agit pourtant ici d'une reine de la nuit qui ne se nourrit pas de pensées vengeresses, ni ne chante le contre-ut, mais bien d’un cactus pourvu de racines aériennes et d’épines qui lui permettent pousser en grimpant aux rochers, aux murs ou aux autres plantes.

Lorsque les racines aériennes rencontrent le sol, elles s’y plantent pour se transformer en vraies racines et permettre la croissance d’une nouvelle plante, indépendante. Poussant le long des branches à quatre ou huit côtes, souvent longues et sinueuses, les épines ne sont autres que le produit de transformation des feuilles. Cette astuce permet au cactus de réduire sa surface et d’éviter ainsi l’évaporation excessive de l’eau ayant principalement lieu au niveau des feuilles.

Les feuilles ne sont pourtant pas les seuls composants réduits du cactus. Ses branches secondaires ne sont pas reconnaissables en tant que telles : elles forment de petits coussins, robustes, directement ancrés à la surface de la branche.

Sur ces excroissances, appelées aréoles, se développent les épines et larges fleurs d’un diamètre de 15 à 27 centimètres, offrant un fort contraste avec

l’aspect hirsute de la reine de la nuit. Jaune-brun sur l’extérieur, les fleurs affichent un dégradé passant par le jaune clair pour atteindre le blanc, au centre.

Cette fleur est bel et bien une reine de la nuit. Non seulement imposante par ses dimensions, elle est également pourvue d’une couronne de feuilles en forme d’épines l’entourant comme une auréole. La large fleur se déploie la nuit, et même, plus précisément, au cours d’une seule nuit, dégageant un parfum de vanille envoûtant. 

Attirées par ce parfum, les chauve-souris viennent visiter la fleur pour en boire le nectar, assurant ainsi la pollinisation. Une fois pollinisée, la fleur se transforme en un fruit rouge-orangé, jusqu’à jaunâtre, comestible pour l’homme, et dont les chauves-souris se régalent également.

Utilisation

Les teintures à base de reine de la nuit permettent de traiter la tachycardie, les angines de poitrine (sténocardies), les problèmes liés au vieillissement du cœur, et offre des effets bénéfiques après un infarctus. Les traitements homéopathiques à base de reine de la nuit permettent également de lutter contre les problèmes digestifs, les ballonnements, les crampes et les douleurs menstruelles.

A savoir

Le nom de ce cactus est issu du grec selene, signifiant « lune », du latin cereus, signifiant « de cire ».
Le terme grandiflorus, quant à lui, signifie « à grande fleur ».

La cire se réfère à la forme de la tige, croissant droite comme une chandelle, ainsi qu’à son inflammabilité. Les indiens d’Amérique en faisaient des torches en la faisant sécher et en la trempant dans l’huile. Ils utilisaient la reine de la nuit sous forme de pommade contre les rhumatismes et les éruptions cutanées prurigineuses, ou par ingestion contre les cystites ou la fièvre.

Christophe Colomb (1451-1506) ayant rapporté cette plante curatrice au cours de ses voyages de découverte sur le continent américain, elle fût décrite en 1586 par le médecin et botaniste français Jacques Daléchamps (1523-1588) dans son ouvrage Historia Generalis Plantarum.

En Europe, la connaissance des vertus thérapeutiques de la reine de la nuit se popularisa à partir de 1864, suite à la publication du travail de Rocco Rubini (1805-1886), médecin italien, directeur médical de l’hôpital homéopathique Santa Maria della Cesarea de Naples, sur la reine de la nuit dans le « British Journal of Homoeopathy ».1 Il découvrit à cette occasion que la teinture issue du cactus offrait un effet antispasmodique au niveau des vaisseaux du cœur et y favorisait la circulation sanguine.

Au 20e siècle, l’intérêt commercial porté pour cette plante devint tel que la reine de la nuit fût mise en danger par les récoltes qui s’ensuivirent. Fort heureusement, la convention de Washington du 3 mars 1973 sur la protection des espèces décida d'une mesure de protection contre la commercialisation des spécimens sauvages.

Dans les croyances populaires, il était autrefois reçu, en vertu de son imposante fleur blanche et parfumée, qu’un bouillon à base de fleurs de reine de la nuit pouvait accroître sensiblement la sensualité d'une femme pendant une nuit.

Les sociétés de cactus d’Allemagne, d’Autriche et de Suisse ont déclaré la reine de la nuit comme membre de la famille des cactus en 2009.

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