Dr. Hauschka

Dent-de-lion

Synonymes: 500 à 600 synonymes connus, dont : pissenlit, fausse chicorée, barabant, bédane, chiroux
Nom scientifique: Taraxacum officinale Web. S. L.
Famille: Astéracées

Habitat naturel

Tout l’hémisphère nord

Constituants

Principes amers, inuline, flavonoïdes, suc laiteux, caoutchouc

Description

De mars à avril, la dent-de-lion recouvre les prés d’un tapis de fleurs, premièrement jaunes, puis de petites aigrettes blanches constituées d’une multitude de graines en forme de parachute. La floraison de la dent-de-lion annonce l’arrivée du printemps. Les ligules qui composent le capitule ne s’ouvrent entièrement qu’en plein soleil et restent fermés les jours nuageux.

Les propriétaires des terrains envahis par la dent-de-lion sont rarement satisfaits de la présence de cette astéracée pluriannuelle au suc laiteux. Tel un pieu, sa racine pousse verticalement jusqu’à 50 centimètres de profondeur, arrimant solidement la rosette de feuilles à la terre. Les tentatives d’arrachage se terminent souvent par le déchirement des racines, profondément ancrées dans le sol, permettant à la dent-de-lion de repousser allègrement.

Polyvalente, cette petite fleur est un véritable artiste de la survie capable de pousser partout où sa graine atterrit, dans la craquelure d'une route goudronnée comme sur un toit ou un joint de mur.

Utilisation

La dent-de-lion favorise le métabolisme de l’organisme. Stimulant l’activité des reins et du foie, elle est à même d’améliorer le bien-être général de la personne affaiblie.
Son effet dépurant en a fait un ingrédient des cures de printemps et d’automne. Active contre la formation de calculs biliaires, elle est également utile dans le traitement des rhumatismes et de la goutte. Elle est encore efficace pour apaiser les lourdeurs d’estomac et les troubles de la digestion.

A savoir

La signification de l’appellation scientifique Taraxacum reste à ce jour incertaine. Ce terme est probablement issu des régions arabophones, où l’on trouve la dent-de-lion évoquée dans des écrits dès les 10e et 11e siècles. Une explication suppose que ce nom provient des termes arabes tarak, signifiant
« laisser », et sahha, signifiant « uriner », se référant ainsi à l’effet diurétique de la dent-de-lion, notion également suggérée dans l’appellation « pissenlit ».
Le terme officinale, caractérisant souvent les plantes médicinales, se rapporte au terme « officine », aujourd’hui synonyme de « pharmacie ».

L’usage de la dent-de-lion en tant que plante médicinale est mentionné pour la première fois à la Renaissance, par l’imprimeur, éditeur et libraire Johann Prüss (1447-1510). Une description détaillée en est également faite en 1539 par le botaniste, médecin et pasteur Hieronymus Bock (1498-1554), dans son ouvrage Das Kreütter Buch (Le livre des herbes).

Outre les effets salutaires de la dent-de-lion, Bock y décrit une lotion de beauté que l’on préparait à partir de son herbe et de ses racines. Les femmes de son temps l’utilisaient contre les taches de rousseur et pour éclaircir leur peau.
Au Moyen-Âge, le suc laiteux était utilisé contre les verrues et les inflammations oculaires. L’on

confectionnait également des amulettes contenant sept racines de dent-de-lion déterrées à la Saint-Barthélemy, supposées protéger contre les douleurs oculaires.

Selon la médecine chinoise, qui établit un lien énergétique entre les yeux et le foie, les plantes curatives utilisées pour le traitement du foie, comme la dent-de-lion, doivent également avoir un effet positif contre les inflammations oculaires.

Au Moyen-Âge encore, le symbolisme chrétien voyait dans la dent-de-lion, et dans ses semences se répandant au loin, une image de la doctrine chrétienne et sa propagation. Dans de nombreux tableaux, Marie, le Christ et Sainte Véronique apparaissent accompagnés d'une dent-de-lion en symbole d’évanescence.

Plus anciennement encore, les jeunes filles voyaient un augure dans les aigrettes de pissenlit. Après avoir vigoureusement soufflé dessus, le nombre des graines demeurant sur la tige leur indiquait combien d’années elles devaient encore attendre jusqu’au mariage. Si le réceptacle de la fleur était blanc, elles allaient au paradis ; s'il était noir, elles allaient en enfer.

Les feuilles de dent-de-lion constituent un ingrédient appétissant dans les salades ou en accompagnement

de fromage. Les jeunes bourgeons offrent un agrément similaire aux câpres. Les racines séchées et moulues peuvent être utilisées en substitut au café. Les dents-de-lion de culture, plus grosses et moins amères que leur parentes sauvages, sont également prisées en cuisine.

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