Dr. Hauschka

Capucine

Synonymes: Grande capucine, capucine du Pérou, cresson du Pérou
Nom scientifique: Tropaeolum majus L.
Famille: Tropéolacées

Habitat naturel

Chili, Pérou

Constituants

Huile de moutarde benzylique

Description

L’exubérante capucine est la joie de tous les jardiniers. Rapidement et sûrement, elle croît en buissons sur l’herbe grasse comme sur les surfaces dénudées et les balcons, offrant à l’observateur, du mois de mai aux premiers gels d’automne, le spectacle coloré d’une multitude de fleurs orangées, affublées de leurs longs éperons.

Sous la fleur, la tige porteuse des fruits s’enfonce en terre, dissimulant les semences en maturation dans le frais et l’humidité. Avec leur forme ronde, rappelant celle des feuilles de nénufars, les feuilles, elles aussi luxuriantes, collectent les gouttes d’eau comme de précieuses perles. Lors des nuits fraîches, centrées sur leur pétiole, elles rejettent également l’eau par les petites « glandes » (hydathodes) situés sur leurs bords.

La plante, grasse et souple, sans structure lignifiée, croît sur le sol ou retombe le long des balcons sur lesquels elle est suspendue. Elle ne pousse droit que le long des clôtures et des haies. Ces caractères la rendent toutefois également sensible au gel, s’effondrant intégralement lorsqu’elle y est exposée. La capucine aime l’eau et, dans sa région d’origine, les Andes, pousse naturellement à proximité des cours d’eau à flanc de montagne.

Utilisation

Dans sa région d’origine, la connaissance de ses vertus médicinales est très ancienne. Aujourd’hui encore, ses feuilles fraîches y sont utilisées pour le traitement de toutes sortes de plaies, en présence d’inflammation en particulier. Ces possibilités d’utilisation repose entre autres sur l’effet antibiotique de l’huile de moutarde contre les virus, bactéries et levures et pour le renforcement du système immunitaire. En vertu de ces propriétés, la capucine est également utilisée en Europe contre les maladies infectieuses au niveau des reins, des voies urinaires et respiratoires, ainsi que pour la stimulation des défenses immunitaires.
En médecine populaire, ses feuilles fraîches sont intégrées aux salades de printemps pour la purification du sang ou, comme au Pérou, utilisées en tant que pansement rafraîchissant.

Effets secondaires
Abuser des bonnes choses est rarement sain. La consommation des feuilles fraîches de la capucines doit faire l’objet de certaines précautions : une ingestion démesurée peut entraîner des irritations au niveau de l’estomac, des intestins et des reins. Dans les produits thérapeutiques préparés avec précision, cependant, les effets secondaires ne sont pas à craindre. Il est cependant bon de noter que la consommation de capucine tend à réduire la tolérance à l’alcool.

A savoir

Le nom de la capucine décrit à la fois son apparence et sa nature : avec son éperon, sa fleur rappelle en effet la capuche des moines capucins. Son autre nom populaire de « cresson » provient du latin crescere, signifiant « croître » : le cresson est connu pour sa croissance rapide. Son nom scientifique, quant à lui, est issu du latin tropaeum, terme imagé se référant à une plante chargée d'armes. Cette métaphore repose sur l’assimilation des feuilles à des boucliers et des fleurs et des fleurs à des heaumes.

Importée en Europe en 1684, la capucine a longtemps été utilisée en plante ornementale, avant d’être intégrée aux salades de printemps en vertu de ses propriétés purificatrices pour le sang. Ses boutons et jeunes semences, agrémentées de vinaigre, peuvent également être utilisées en substitut aux câpres.

Dans sa région d’origine, la capucine est pollinisée par les colibris, qui plongent leur long bec dans le profond éperon afin de se délecter du savoureux nectar qu’il contient.

La capucine semble réunir en elle des contraires incompatibles. Les feuilles grasses, liées à la terre, sont une forte expression des éléments aquatiques. Les fleurs qui coiffent la plante,

telles de petites couronnes de feu, compagnes de jeu du colibri, présentent quant à elles un aspect davantage aérien. Avec toutes ses cellules remplies d'une solution aqueuse de l’huile de moutarde, composé sulfureux et enflammé, la capucine réunit l’eau et le feu au plus profond d’elle-même. Cette dualité transparaît jusqu’à l’extérieur : dans sa région d’origine, tropicale et torride, elle pousse toujours à proximité des cours d’eau.

Par ingestion, la capucine agit sur les poumons, les reins, la vessie et les organes les plus fortement associés à l’air et à l’eau. Son harmonieuse combinaison de contraires semble lui conférer un effet équilibrant. Elle agit également sur les peaux acnéiques, lorsque la surproduction de la glande sébacée, par réaction, et le durcissement et l’obstruction des pores, par contre-réaction, tendent à déformer la structure cutanée. Ayant appris à réfréner l’élément du feu, la capucine est à même d’apporter un effet équilibrant sur la peau.

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