Dr. Hauschka

Arnica

Synonymes: Arnique, Doronic des Vosges, Doronice d’Allemagne, Plantain des Alpes, Pulmonaire des montagnes, Panacée des chutes, Herbe à éternuer, Herbe aux prêcheurs, Tabac des Capucins, Tabac des Vosges
Nom scientifique: Arnica montana L.
Famille: Astéracées (Composées)

Habitat naturel

Régions montagneuses de l’Europe centrale s’étendant jusqu’au sud de la Norvège et à la Lituanie, à l’est jusqu’au sud de la Russie

Constituants

Huile essentielle, flavonoïdes, choline, procyanidines, substances amères, lactones sesquiterpéniques

Description

Trouver l’Arnica montana est toute une aventure. Il faut grimper très haut dans la montagne et se hasarder dans les prairies vierges d’engrais (ou à peine traitées) et dans les terrains à bruyère. On le reconnaît à ses capitules jaune orangé qui se dressent fièrement de mai à août. Comme toutes les Composées, l’Arnica est constitué au centre de nombreuses fleurettes tubuleuses bordées de fleurs plus grandes dont les longs pétales tendus vers l’extérieur forment ce qu’on appelle les « rayons de la fleur ». Signe caractéristique, ce pétale-rayon présente une triple dentelure. Les tiges robustes atteignent 50 cm à partir du pétiole. L’Arnica est pluriannuel. Concentrant sa force dans son rhizome, il résiste en altitude aux hivers les plus rudes.

Utilisation

Excellente plante vulnéraire, l’Arnica possède un pouvoir désinfectant et anti-inflammatoire. Il aide les tissus à se régénérer et soigne toutes sortes de contusions, piqûres et coupures, d’où ses nombreux noms vernaculaires. Décongestionnant et antalgique, il est préconisé en cas d’ecchymoses, de foulures, de contractures veineuses ou de déchirures fibreuses. Son pouvoir apaisant et assouplissant sur les tissus en fait un excellent remède pour prévenir ou traiter les courbatures. En stimulant la circulation sanguine et les défenses immunitaires des muqueuses, il agit sous forme de baume contre les inflammations veineuses, et en gargarismes, contre les inflammations de la bouche et de la gorge.

A savoir

D’où vient exactement le nom Arnica ? Origine bien controversée, d’aucuns pensent qu’il provient du grec "arnakis" = laine d’agneau, en référence au périanthe duveteux de la fleur. D’autres y voient une déformation du mot "ptêrnikê", du grec "ptarnos" = éternuer, à l’instar de Dioscuride qui avait ainsi nommé des astéracées provoquant l’éternuement. Appelé aussi Fleur de loup, l’Arnica, dont les pétales jaune vif évoquent les yeux étincelants de ce carnassier, figure mythologique de l’époque païenne, symbolisait la force champêtre, l’esprit du Seigle, du Blé, de l’Avoine. En un mot, l’Arnica représentait l’énergie du mûrissement. A la fin de l’été, quand le blé ondule sous le vent, les paysans disaient « voilà le loup des blés qui passe ». Ils plantaient de l’Arnica autour de leurs champs, faute de quoi, le « loup » quittait les cultures et les faisait se dessécher. À la fin de la moisson, le « loup » disparaissait dans la dernière gerbe de blé que les paysans décoraient et ramenaient au village en criant de joie. Quant au Pilwiz, mauvais génie des cultures, lui aussi faisait planter à la St. Jean de l’Arnica autour des champs… Dédié à Freya, divinité germanique, l’Arnica comptait parmi les herbes incontournables du solstice de la St. Jean, comme le Millepertuis et la Fougère. Rien de tel alors que des fumigations d’Arnica sous des formules magiques pour conjurer le mauvais temps !

La Plante vue autrement

Dans les champs à perte de vue, l’Arnica se repère à son œil jaune or, où semble s’être concentrée toute la force du soleil. « Jaillissant » du sol en été, il se dresse sur sa tige née d’un groupe de feuilles en rosette basale et offre son inflorescence terminale solitaire, le capitule. Vivant dans la polarité rhizome/fleur, il semble manquer de l’élément rythmique reliant les deux. C’est par là qu’il est un stimulant du système rythmique chez l’être humain, facteur d’équilibre de l’organisme tout entier. Une blessure externe est à plusieurs points de vue tributaire de déséquilibres organiques. L’Arnica, par sa force équilibrante, active le processus de guérison. Son pouvoir de concentration et de formation, exprimé dans le « rayonnement » de la fleur et par la réunion de plusieurs fleurs en une seule, aide directement les tissus endommagés, « sortis de leur forme », à s’unir à nouveau. 

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